Des conditions générales bien faites règlent d'avance ce qui finit sinon en dispute : l'acompte, les suppléments, les retards, la réception. Encore faut-il qu'elles soient valables. Voici un modèle prêt à adapter, à jour des règles belges de 2026, et ce qu'il faut savoir pour qu'il vous protège vraiment.
Trois pages, quatorze articles, et un formulaire de rétractation en annexe. Tout ce qui est entre crochets est à remplacer ; les passages qui commencent par « Option » se gardent ou se suppriment. Gratuit, sans inscription.

Il couvre le devis et l'accord du client, le prix et sa révision, les travaux supplémentaires, les délais, l'acompte, les retards de paiement, la réserve de propriété, l'annulation, la rétractation, la réception, les garanties, les réclamations et les données personnelles.
Le modèle suit les règles en vigueur en octobre 2026 et les lignes directrices que le SPF Économie a publiées pour les entreprises de rénovation. Pour de gros chantiers ou une activité particulière, faites-le relire une fois par votre fédération professionnelle ou un juriste.
Des conditions générales que le client n'a pas acceptées ne vous protègent pas. Depuis 2023, le Code civil (article 5.23) pose deux conditions : le client doit avoir pu en prendre connaissance au plus tard au moment où le contrat est conclu, et il doit les avoir acceptées.
Ce qui ne suffit pas :
Ce qui marche :
Et en cas de contradiction, ce qui est écrit dans le devis l'emporte sur les conditions générales. La bonne répartition : les chiffres propres au chantier (acompte, délai, prix) dans le devis, les règles du jeu dans les conditions.
| Article | Ce qu'il règle | Pourquoi c'est utile |
|---|---|---|
| Devis et accord | Validité, accord par signature ou par e-mail, devis fondé sur un examen visuel | Évite le « je n'ai jamais accepté » et prépare le terrain pour les mauvaises surprises cachées |
| Prix | Prix fermes pendant la validité, révision par formule si le client reporte | Une révision vague (« prix révisables selon le marché ») n'a aucune valeur, le SPF Économie le cite en exemple |
| Travaux supplémentaires | Accord écrit préalable sur la description et le prix, un message suffit | C'est la première source de litiges à la facture |
| Délais | Point de départ du délai, causes de prolongation, information du client | Un délai « purement indicatif » est jugé abusif face à un particulier ; un délai bien encadré, non |
| Acompte et paiement | Acompte, factures intermédiaires, compte bancaire unique, suspension en cas d'impayé | Vous n'avancez pas les matériaux, et le compte unique protège contre la fraude au faux IBAN |
| Retard de paiement | Règles distinctes pour un professionnel et pour un particulier | Face à un particulier, intérêts et indemnités ne sont dus que s'ils sont prévus d'avance |
| Réserve de propriété | Les matériaux livrés vous appartiennent jusqu'au paiement | Utile tant qu'ils ne sont pas posés : une chaudière livrée, des châssis en attente |
| Annulation | Dédommagement si le client arrête le chantier en cours de route | La loi le permet au client, à condition de vous indemniser : autant fixer le calcul |
| Rétractation | Le droit du particulier qui signe chez lui, et ses exceptions | Obligatoire dans ce cas, et coûteux à oublier (voir plus bas) |
| Réception | Procès-verbal, remarques, réception après rappel sans réponse | Le point de départ des garanties, et la fin des défauts apparents non signalés |
| Garanties | Responsabilité décennale, garantie légale, assurance si elle est obligatoire | Ne rien promettre de moins que la loi, c'est éviter la clause nulle |
| Réclamations | Adresse, accusé de réception, médiation éventuelle, tribunal | Traiter les plaintes avec diligence est une obligation légale |
Le Code de droit économique interdit les clauses abusives, celles qui créent un déséquilibre manifeste au détriment du consommateur. Une telle clause est nulle, le juge doit l'écarter de lui-même même si le client ne le demande pas, et en cas de doute sur le sens d'une clause, c'est l'interprétation la plus favorable au client qui l'emporte.
Dans le bâtiment, le SPF Économie cite notamment comme abusives les clauses qui :
S'y ajoutent les clauses de la « liste noire » de la loi, abusives en toutes circonstances : une révision de prix qui dépend de votre seule volonté, ou une indemnité qui dépasse manifestement le préjudice que vous pouvez subir. Le modèle évite ces pièges : la révision passe par une formule, l'indemnité d'annulation est modérée et réciproque.
Depuis septembre 2023, le premier rappel est gratuit, puis le client a 14 jours pour payer avant tout frais. Ensuite, l'indemnité est plafonnée (20 € pour une dette jusqu'à 150 €, puis par paliers, 2 000 € au maximum) et les intérêts ne peuvent dépasser le taux directeur majoré de huit points, soit 10,5 % par an en 2026. Surtout : ces montants ne sont dus que s'ils figurent dans le contrat ou les conditions générales. Les délais de paiement en détail.
L'acompte est libre : la loi ne le plafonne pas pour une rénovation. Mais dès qu'un particulier verse un acompte, vous devez lui remettre un bon de commande : numéro d'ordre, description, prix, acompte payé, reste à payer, délai, et votre signature. Un devis qui contient toutes ces mentions peut en tenir lieu. Seule exception notable : la construction d'une maison ou d'un appartement pour un particulier relève de la loi Breyne, avec des règles strictes et un acompte limité à 5 % ; un modèle de conditions générales n'y suffit pas.
Quand un particulier signe votre devis chez lui, sur le chantier, ou ailleurs que dans vos locaux, c'est un contrat « hors établissement ». Il peut alors se rétracter pendant 14 jours calendrier, sans se justifier. Pour des travaux, le délai court à partir du lendemain de la signature.
Vous devez, avant la signature, l'informer de ce droit, de son délai et de la façon de l'exercer, lui remettre un formulaire de rétractation (l'annexe du modèle), puis lui donner une copie du contrat signé sur papier ou par e-mail.
Le délai de rétractation est prolongé jusqu'à douze mois. Et si le client se rétracte alors qu'il n'a pas été correctement informé, il ne doit rien payer pour les travaux déjà réalisés.
Si le client veut que vous commenciez pendant les 14 jours, demandez-lui de le faire par écrit (le modèle contient la formule). S'il se rétracte ensuite, il paie une part proportionnelle aux travaux réalisés.
Le droit de rétractation ne s'applique pas :
La façon la plus simple d'éviter la question : venir mesurer chez le client, puis lui envoyer le devis par e-mail et le laisser l'accepter quelques jours plus tard. Selon le SPF Économie, ce n'est alors pas un contrat hors établissement. Gardez quand même l'article 10 dans vos conditions, pour les fois où le client signe sur place.
Entre entreprises, la liberté est plus grande, mais pas totale : depuis le 1er décembre 2020, la loi interdit aussi les clauses abusives entre entreprises, avec sa propre liste noire et sa liste grise. Le délai de paiement convenu ne peut pas dépasser 60 jours, et les intérêts de retard (10,5 % en 2026) et l'indemnité de 40 € sont dus de plein droit.
Le cas typique est la sous-traitance pour une entreprise générale : elle vous envoie son bon de commande avec ses conditions, vous lui avez envoyé les vôtres. Depuis 2023, le contrat est quand même formé, mais les clauses contradictoires des deux côtés tombent. Concrètement :
Le plus dur n'est pas de les rédiger, c'est de penser à les joindre à chaque fois. C'est ce que nous faisons pour vous : chaque devis que nous préparons part avec vos conditions, et l'accord du client est gardé avec le dossier.
Non. Mais certaines informations doivent être données au client avant le contrat, et face à un particulier, des intérêts ou une indemnité de retard ne peuvent être réclamés que s'ils étaient prévus dans le contrat ou les conditions générales.
En principe non : le client doit pouvoir en prendre connaissance au plus tard au moment de la conclusion du contrat, et les accepter. Au dos de la facture, elles arrivent trop tard. Joignez-les au devis.
S'il l'a signé ailleurs que dans vos locaux, il peut se rétracter pendant 14 jours, sauf exceptions. Et à tout moment, la loi lui permet d'arrêter les travaux, à condition de vous dédommager de vos dépenses, du travail fait et du bénéfice manqué.
Pas forcément. Il faut une acceptation certaine : la signature du devis avec une mention indiquant que le client a reçu, lu et accepté les conditions jointes, ou son accord écrit par e-mail sur le devis et les conditions.
Cet article donne une information générale et ne constitue ni un avis juridique ni un conseil fiscal. Pour votre situation particulière, votre comptable ou un juriste reste le bon interlocuteur.
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