« Tant que vous êtes là, vous pouvez aussi… » La phrase est sympathique sur le chantier, et elle se transforme souvent en dispute sur la facture finale. La parade tient en une page : l'avenant au devis, signé avant de commencer. Voici le modèle, les règles belges et le calcul de la facture qui suit.
Une page, à remplir puis à faire signer : la référence au devis de départ, ce qui change et pourquoi, les travaux ajoutés et ceux qui sont supprimés, le nouveau total du chantier, le délai et le bon pour accord du client. Tout ce qui est entre crochets est à remplacer. Gratuit, sans inscription.

Il reprend la mise en page de notre modèle de devis, qui prévoit déjà la clause qui rend l'avenant indispensable : les travaux supplémentaires ne sont réalisés qu'après accord écrit du client sur leur description et leur prix.
Le devis accepté fixe le prix des travaux qu'il décrit, et seulement de ceux-là. Une prise en plus, un carrelage plus cher, une cloison déplacée : tout ce qui sort du devis est une modification, qui demande un nouvel accord du client sur deux points, ce qui est fait et ce que ça coûte.
Sans cet accord, le supplément devient votre parole contre la sienne, au moment le plus délicat du chantier : la facture finale. Et c'est à vous de prouver que le client l'a demandé et qu'il en connaissait le prix.
L'avenant règle les deux d'un coup. C'est un court document qui renvoie au devis de départ, décrit la modification, chiffre la différence et porte la signature du client. On le numérote (avenant 1, 2, 3) et on le garde avec le devis.
Ce n'est pas un nouveau devis : il ne remplace rien, il complète. Toutes les conditions du devis de départ, acompte, délais de paiement, conditions générales, continuent de s'appliquer, sauf ce que l'avenant change expressément.
La façon dont le devis fixe le prix change la marge de manœuvre en cas de supplément.
| Votre devis | Ce qui est payé | Pour un supplément |
|---|---|---|
| Prix global (forfait) | Le prix convenu, quelles que soient les heures passées | Accord écrit indispensable, avant les travaux |
| Prix unitaires (au m², à la pièce) | Les quantités réellement posées, au prix unitaire du devis | Plus de quantité sur un poste prévu : au prix unitaire. Un poste nouveau : avenant |
| Régie (heures et matériaux) | Le temps et les fournitures réellement utilisés | Prévenir et faire valider le travail demandé, sinon le client le contestera |
Le cas du prix global. L'article 1793 de l'ancien Code civil, toujours d'application, est très protecteur pour le client : quand un bâtiment est construit à forfait d'après un plan convenu, l'entrepreneur ne peut réclamer aucune augmentation de prix pour des changements ou des ajouts, sauf s'ils ont été autorisés par écrit et leur prix convenu avec le propriétaire. Les tribunaux réservent cette règle aux constructions sur plan, mais de nombreux devis et cahiers des charges la reprennent pour tous les travaux, et notre modèle de devis aussi. Retenez-la comme règle générale : prix global, supplément signé.
Ce qui arrive en 2027. Le nouveau livre 7 du Code civil (loi du 22 juillet 2026) s'appliquera aux devis acceptés à partir du 1er septembre 2027. Il reprend le principe : un prix forfaitaire ne s'augmente pas parce que le travail a coûté plus que prévu. La pratique ne change donc pas : un supplément se convient avant d'être fait.
Depuis la réforme du droit de la preuve (livre 8 du Code civil, en vigueur depuis le 1er novembre 2020), tout dépend de votre client :
Le plus simple, quel que soit le montant : l'avenant signé, sur papier au chantier ou par signature électronique sur le téléphone. À défaut, un e-mail ou un message du client qui reprend la description et le prix (« d'accord pour la prise et le point lumineux en plus, 340 € HTVA ») vaut beaucoup mieux qu'un accord oral, même devant témoins.
Et si le client a déjà payé un supplément sans avenant, il pourra difficilement le contester ensuite : son paiement montre qu'il l'avait accepté.
Poutre pourrie derrière le plafond, canalisation hors d'usage sous le carrelage, support qui ne tient pas : le supplément n'est cette fois demandé par personne, mais il faut quand même l'accord du client.
Le meilleur moment pour s'en protéger, c'est le devis : une ligne « non compris : réparations cachées découvertes en cours de travaux » prévient le client dès le départ. N'attendez pas que l'imprévu soit absorbé dans votre prix global en espérant le récupérer à la fin : le prix global inclut en principe les aléas d'un chantier normal.
La facture finale reprend le total des travaux, devis de départ plus avenants, puis déduit les acomptes déjà facturés. Indiquez le numéro de chaque avenant et de chaque facture d'acompte : le client retrouve tout, et votre comptable aussi.
Le calcul suppose que les acomptes ont été facturés au même taux de TVA que le solde. Facturer un acompte et le déduire du solde.
L'avenant suit les règles du chantier, poste par poste :
La durée de validité d'un devis sert à une chose : limiter le temps pendant lequel le client peut l'accepter au prix écrit. Un à trois mois est l'usage le plus courant.
Plus de détails sur ce qu'un devis doit contenir et ce qu'il engage : Un devis est-il obligatoire ?
Le geste qui coince, c'est le deuxième : le soir, après une journée de chantier, plus personne n'a envie de mettre un avenant au propre. C'est exactement ce que nous faisons pour nos clients : vous nous envoyez un vocal ou une photo depuis le chantier, l'avenant part au client le jour même, prêt à signer, et il se retrouve sur la bonne facture à la fin.
Aucune loi n'impose un document appelé avenant, mais sur un chantier à prix global, le supplément n'est en principe dû que si le client l'a autorisé par écrit et en a accepté le prix. L'avenant signé est la façon la plus simple de le prouver, quel que soit le type de devis.
Avec un client entreprise, souvent oui : la preuve est libre. Avec un particulier, un message qui reprend la description et le prix aide beaucoup, mais à partir de 3 500 €, la règle de base exige un écrit signé. L'avenant signé, même électroniquement, reste le plus sûr.
Il peut les contester, et sur un chantier à prix global, il a de bonnes chances d'obtenir gain de cause si rien ne prouve qu'il les a demandés et qu'il en connaissait le prix. S'il les a déjà payés, il pourra difficilement revenir dessus.
Aucune durée n'est fixée par la loi : c'est celle qui est écrite sur le devis, souvent un à trois mois. Accepté dans ce délai, le devis engage au prix indiqué ; accepté après, l'entrepreneur peut actualiser son prix.
Cet article donne une information générale et ne constitue ni un avis juridique ni un conseil fiscal. Pour votre situation particulière, votre comptable ou un juriste reste le bon interlocuteur.
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